Carnet de bord, ce que nous construisons avec UrbaCheck
Depuis plusieurs mois, entre A25 Architecture et Mason AI, nous avançons sur un chantier qui ne se voit pas à l’œil nu. Il ne s’agit pas de nouvelles images ni de formes spectaculaires. Il s’agit de lecture, de rigueur, de temps rendu à la conception. Nous l’avons appelé UrbaCheck.
L’idée est née d’un constat simple. Une grande partie du travail d’architecte se joue dans la matière réglementaire et documentaire. Règlements écrits, plans de zonage, OAP, servitudes, surfaces, formulaires et annexes. Tout cela est nécessaire, tout cela prend du temps. Nous avons donc construit un outil qui lit les dossiers, repère les liens entre texte et graphique, explique où se situent les écarts, garde la mémoire des versions et restitue une note compréhensible. En pratique, on dépose les pièces, l’analyse croise PLU et documents, puis une synthèse claire revient en quelques minutes, avec ce qui est sûr et ce qui demande un ajustement avant dépôt.
Ce choix n’a rien à voir avec la génération automatique de projets, très à la mode aujourd’hui. Beaucoup d’outils promettent des esquisses produites en un clic. Nous pensons que tout ce qui sort de ce procédé risque de manquer d’âme, d’ignorer le site, les usages, la lumière, le voisinage. UrbaCheck ne dessine rien, il ne remplace pas la main. Il clarifie, il vérifie, il trace. L’auteur reste l’architecte.
Au quotidien, cela change des gestes simples mais décisifs. Une surélévation dans une rue étroite, l’histoire des prospects est clarifiée très en amont. Un dossier situé dans un périmètre patrimonial, les attentes probables de l’avis sont argumentées dès l’étude. Un équipement recevant du public, les points sensibles sont repérés tôt, sans immobiliser l’équipe. Le dialogue s’en ressent aussi. Quand une remarque renvoie à un article identifié du règlement, la discussion avec la maîtrise d’ouvrage ou avec l’instruction devient plus lisible. On parle de faits, on gagne du temps, on garde de l’énergie pour la qualité d’usage et la finesse du plan.
Nous avançons pas à pas. Nous travaillons la comparaison de versions pour comprendre précisément ce qui a changé entre deux livrables. Nous affinons la manière dont l’outil relie un article du règlement à la pièce qui en porte les conséquences. Nous soignons la restitution, une synthèse lisible qui évite la surcharge, un PDF propre qui peut circuler entre partenaires. Nous explorons aussi les liaisons avec les données publiques, cadastre et plans, pour sécuriser les vérifications sans complexifier la vie de l’équipe.
Ce projet a un but très concret. Réduire la friction administrative afin de rendre du temps à la conception. L’architecture gagne quand la traversée réglementaire est fluide. Nous tenons à cette position. Pas de machine qui invente des formes à la place de l’auteur, plutôt un compagnon de patience qui lit sans fatigue, qui explique sans se mettre en scène, qui documente sans bruit.
C’est ce sur quoi nous travaillons. Si vous souhaitez en discuter, nous serons heureux de montrer le chemin parcouru, d’écouter vos besoins, et d’améliorer encore ce qui compte vraiment, la liberté de concevoir.

