De la lumière du Maroc à l’horizon de Marseille, itinéraire d’un architecte méditerranéen
Il y a des trajectoires qui ne se tracent pas avec une règle mais avec la lumière. Celle qui naît au Maroc, où la terre et le ciel se confondent dans un équilibre brut, a guidé mes premiers regards. Là-bas, l’architecture n’est pas un geste, c’est une respiration, celle des médinas aux ruelles étroites, des patios qui recueillent le vent, des murs qui racontent la chaleur et la fraîcheur à la fois.
Je me suis formé dans cette sensibilité avant de la confronter à la rigueur académique de l’Université Polytechnique de Valence. L’Espagne m’a appris la mesure, la technique, la précision. Entre le béton clair et les ombres longues de la côte valencienne, j’ai compris que l’architecture méditerranéenne est d’abord une question de lumière, comment la filtrer, la dompter, la laisser entrer sans jamais la trahir. C’est là que s’est ancrée ma conviction : un projet doit être un dialogue entre la matière et le climat, entre la structure et le souffle.
Puis Marseille est arrivée comme une évidence. Une ville-frontière, rugueuse et solaire, où les cultures se superposent comme des strates géologiques. Ici, j’ai trouvé ce que je cherchais : un territoire ouvert, multiple, qui parle autant d’Afrique que d’Europe, autant de passé que d’avenir. À Marseille, l’architecture n’est pas seulement une discipline, c’est une manière d’habiter le monde, en équilibre entre le minéral et la mer, entre le geste contemporain et la mémoire portuaire.
Mon parcours, de Rabat à Valence, de Valence à Marseille, est celui d’un architecte qui cherche l’unité dans la diversité méditerranéenne. Chaque projet que je conçois est un fragment de ce voyage, une tentative de traduire le vent du sud, la lumière d’Espagne et la densité humaine de Marseille en un langage d’espace et de matière.
Car l’architecture, pour moi, n’est pas qu’une question de forme. C’est un art du lien, lien entre les peuples, entre les climats, entre les époques, entre ce que nous avons été et ce que nous pouvons encore devenir.
Sous le soleil de la Méditerranée, il n’y a pas de frontières, seulement des horizons à redessiner.


